Après quatre mois de débats parlementaires, trois recours à l’article 49.3 et six motions de censure, le budget pour 2026 est désormais définitivement adopté. Cette adoption, arrachée au terme d’une procédure heurtée, dit beaucoup du climat politique dans lequel ce texte a été conçu : un climat de tension, où le passage en force a pris le pas sur la construction collective.
Le Projet de loi de finances pour 2026, tel que déposé à l’automne dernier, s’inscrit dans une trajectoire que je ne peux que contester. Il constitue, une fois encore, l’illustration d’une orientation libérale qui fait peser l’essentiel de l’effort sur les services publics et sur les acteurs les plus utiles à la cohésion nationale, sans engager les réformes de justice fiscale pourtant nécessaires. Derrière l’affichage de la rigueur, il s’agit en réalité d’un budget d’austérité, dont les conséquences seront concrètes pour nos concitoyens.
Plus de 17 milliards d’euros d’économies sont réalisés par des coupes larges et parfois aveugles. Dans ce paysage contraint, un seul poste connaît une progression nette : celui de la défense. Ce choix, en lui-même, pourrait se comprendre dans un contexte international instable, mais il ne saurait justifier l’abandon relatif d’autres priorités tout aussi essentielles.
Je pense en particulier à la transition écologique, reléguée au second plan. La mise en « pause » de politiques pourtant vitales interroge profondément. Le fonds vert est réduit, des postes sont supprimés à l’Office français de la biodiversité, les signaux en direction d’une agriculture durable demeurent insuffisants, et les dispositifs d’aide à la rénovation énergétique sont fragilisés. À cela s’ajoutent des reculs dans les domaines des transports et de la gestion des déchets. Le constat dressé par les experts indépendants est sans appel : les engagements ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Les collectivités territoriales, quant à elles, subissent une nouvelle contraction de leurs ressources. Après une première inflexion en 2025, le budget 2026 constitue une seconde lame, plus profonde encore. Au-delà des annonces officielles, ce sont près de 5 milliards d’euros qui affectent leur capacité d’action. Mécanismes de prélèvement, reports de versements, diminution des dotations et des compensations : l’addition est lourde. Le gel de la dotation globale de fonctionnement, dans un contexte inflationniste, revient de fait à une perte de 356 millions d’euros. Ces décisions auront des effets récessifs et pèseront directement sur l’investissement local, donc sur la vie quotidienne des Français.
Le secteur de l’éducation n’est pas épargné. La suppression de 4 000 postes d’enseignants intervient alors même que l’école publique fait face à des défis majeurs : surcharge des classes, inclusion des élèves en situation de handicap, lutte contre le harcèlement, crise d’attractivité du métier, inégalités scolaires…Les réponses apportées restent insuffisantes, voire inexistantes sur certains sujets essentiels.
La culture subit elle aussi des arbitrages défavorables. Dans un contexte d’inflation, les crédits ne suivent pas, et certains dispositifs essentiels sont réduits ou supprimés. Les radios locales, le patrimoine des collectivités, le spectacle vivant ou encore l’accès des jeunes à la culture sont directement touchés. Ce recul est préoccupant, tant la culture constitue un pilier de notre pacte républicain.
Au total, ce budget pour 2026 traduit un choix politique clair : celui de la contraction plutôt que de l’investissement, de l’ajustement comptable plutôt que de la préparation de l’avenir. Il fragilise des secteurs essentiels, affaiblit les collectivités et reporte à plus tard des transitions pourtant urgentes.
Il nous appartient désormais d’en mesurer les effets avec lucidité, et de continuer à porter une autre vision : celle d’un budget au service de la justice sociale, de la solidarité territoriale et de la transition écologique.
Comme chaque année, le groupe écologiste a défendu de nombreux amendements pour renforcer les moyens des collectivités, lutter contre les inégalités, préserver l’environnement et défendre nos services publics. Comme référente sur les missions éducation, culture, et médias, j’ai déposé près de 60 amendements :
Enseignement scolaire
J’ai défendu une école plus juste et mieux dotée, en m’opposant aux suppressions de postes d’enseignants et en portant la revalorisation de leurs salaires. J’ai également soutenu le renforcement de la santé scolaire, la rénovation du bâti scolaire, le recrutement d’AESH, le soutien aux territoires éducatifs ruraux, le rétablissement des crédits de la part collective du Pass Culture ou une meilleure protection de l’enfance en milieu scolaire.
Culture & patrimoine
Face aux coupes budgétaires qui fragilisent le monde de la culture, j’ai notamment défendu la préservation des budgets dédiés à l’entretien du patrimoine et aux musées nationaux, le soutien aux écoles d’art territoriales, l’accompagnement du spectacle vivant et du Centre national de la musique. J’ai également proposé une meilleure régulation de l’intelligence artificielle, le renforcement de la taxe GAFAM, un soutien renforcé aux tiers-lieux et la création d’un fonds spécial à destination des collectivités territoriales.
J’ai fait adopter un amendement :
👉 Ouvrir le mécénat culturel aux sociétés publiques locales
Enseignement supérieur
Pour améliorer concrètement les conditions de vie des étudiants, j’ai défendu la construction de logements étudiants, la création d’une aide spécifique pour les étudiants ultramarins, la mise en place d’un chèque santé étudiant et la revalorisation des bourses.
Avec le groupe écologiste, nous avons également déposé plusieurs amendements afin de renforcer les moyens alloués aux CROUS, aux universités et à la recherche publique.
Médias & information
Pour garantir une information pluraliste, indépendante et de qualité, j’ai défendu le rétablissement des crédits pour les aides à la presse et les radios associatives locales, tout en m’opposant aux réductions budgétaires visant France Télévisions, Radio France et l’INA. J’ai également rappelé le rôle fondamental de l’AFP et la nécessaire indépendance des rédactions.
J’ai fait adopter un amendement :
👉 Rétablir le budget dédié aux radios associatives locales
