Quand le premier financeur du cinéma français annonce qu’il ne travaillera plus avec les 600 signataires d’une tribune critique envers Vincent Bolloré, ce n’est pas un “désaccord”. C’est un signal d’alarme.

Parce que derrière l’empire Bolloré, il y a plus qu’une stratégie économique, il y a un projet politique. Un projet qui consiste à imposer une vision réactionnaire de la société et à déplacer le débat public toujours plus vers l’extrême droite.

Aujourd’hui, Vincent Bolloré possède déjà des maisons d’édition, des médias influents et contrôle 34 % du cinéma français. Demain, avec le rachat du groupe UGC, cette concentration atteindra un niveau inédit.

Quand une même puissance financière peut peser à la fois sur l’information, l’édition, la production culturelle et désormais la diffusion du cinéma, le risque est immense : celui d’une fabrication de l’opinion au service d’une idéologie.

Les professionnels du cinéma ont raison d’alerter sur l’emprise de Vincent Bolloré. La liberté de création ne peut dépendre d’intérêts idéologiques ou politiques.

Nous devons protéger l’indépendance de la culture, du cinéma, de l’édition et des médias face à ces concentrations de pouvoir qui menacent notre démocratie et l’exception culturelle française.